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SEMI-PLENARY SESSIONS
Sociology of organizations

COVID19 – « Comment avons-nous fait? »: Un regard sociologique à différentes échelles (Table ronde)

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June 29, 2021 13:15
to
June 29, 2021 14:45
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Organizers

Mathilde Bourrier¹⁻², Leah Kimber¹⁻², Alexandrine Dupras¹⁻², Michael Deml¹⁻²

¹Département de sociologie, Université de Genève; ²Institut de recherches sociologiques, Université de Genève

Speakers

Mathilde Bourrier¹⁻², Michael Deml¹⁻², Alexandrine Dupras¹⁻² et Emma Comrie³

Avec les étudiants du master : Kamyar Kompari⁴, Claudine Kroepfli⁴

Et invités de la société civile (non encore déterminés)

¹Département de sociologie, Université de Genève; ²Institut de recherches sociologiques, Université de Genève; ³University of Stavanger, Norvège; ⁴Etudiant.e.s au master de sociologie, Université de Genève; Short bio

Michael Deml¹⁻²; Katharina Tabea Jungo³;

Avec Margaux Dubois et Fantine Gicquel⁴ et une invitée : professeure de la médecine de famille (non encore déterminée)

¹Département de sociologie, Université de Genève; ²Institut de recherches sociologiques, Université de Genève; ³Institute of Primary Health Care (BIHAM), University of Bern, Bern, Switzerland; ⁴Etudiantes au master de sociologie, Université de Genève

Mathilde Bourrier, professeure, Département de sociologie, Université de Genève; Leah Kimber, post-doctorante, Département de sociologie, Université de Genève ;

Avec Annabella Zamora, Jimmy Clerc, Katherine De Rivero, Océane Corthay et Lucas Duquesnoy (étudiant.e.s en master de sociologie)

Et invités de la société civile (non encore déterminés)

Cette table ronde entend discuter et restituer des résultats de l’atelier de recherche en sociologie des étudiant.e.s en master de l’Université de Genève, mené tout au long de l’année académique 2020-2021 dirigé par la professeure Mathilde Bourrier et son équipe d’assistant.e.s. En effet, l’atelier organisé en trois sous-projets de recherche permet de questionner et de mettre à l'épreuve tant la réorganisation du travail et des organisations, que la relation patient-médecin, ou que la communication des risques à une échelle internationale en temps de pandémie par la comparaison de 5 pays (Norvège, Suède, Allemagne, Grande-Bretagne et Suisse). Par le biais d’entretiens individuels, d’entretiens collectifs, d'analyse documentaire, nous reviendrons sur la manière dont les acteu.trice.s et les organisations ont essayé de 'sauver l'essentiel'. A la faveur de cette table ronde, nous mettrons en lumière les dynamiques d'adaptation dans un contexte particulier de la pandémie. En effet, les contacts en face-à-face se sont réduits drastiquement au profit des outils numériques. Les arrangements personnels ont pu néanmoins se développer pour pallier les directives parfois contraignantes des autorités. C'est également un contexte où l'on a pu observer que les hiérarchies sociales d'autorité, de prestige, de compétence et d'expertise se sont trouvées parfois bouleversées et renégociées à l’aune de ce que la crise a offert comme nouveaux espaces de transactions.

Notre table ronde intitulée "Comment avons-nous fait ?" sera l'occasion de faire dialoguer les chercheur.euse.s et les étudiant.e.s ayant mise en œuvre cette recherche avec des représentant.e.s de la société civile. Depuis des positions diverses, pris au cœur du tumulte de la vie au travail, dans les cabinets de médecins, aux prises avec les communications de crise, nous inviterons des témoins afin de partager le résultat de 18 mois de crise. Ce moment de discussion ouvert à la société civile, offrira l’occasion idéale d’échanger des points de vue, de comparer des expériences des modes dits « dégradés » ou alternatifs et de s'engager dans un vaste mouvement réflexif sur la crise pandémique. 

Keywords:  COVID-19; communication de risque; travail; organisations; relations médecin-patient; modes dégradés; continuité des activités

Les communications des risques des autorités sanitaires sur la pandémie Covid-19 : Une étude internationale et comparative de 5 pays (Norvège, Suède, Allemagne, Royaume-Uni et Suisse)

Mathilde Bourrier⁽¹⁾⁽²⁾, Michael Deml⁽¹⁾⁽²⁾, Alexandrine Dupras⁽¹⁾⁽²⁾ et Emma Comrie³
Avec les étudiants du master : Kamyar Kompari⁴, Claudine Kroepfli⁴
Et invités de la société civile (non encore déterminés)
¹Département de sociologie, Université de Genève; ²Institut de recherches sociologiques, Université de Genève; ³University of Stavanger, Norvège; ⁴Etudiant.e.s au master de sociologie, Université de Genève; Short bio 

Dans le cadre du projet norvégien Fighting pandemics with enhanced risk communication: Messages, compliance and vulnerability during the COVID-19 outbreak (PAN-FIGHT), financé par le Conseil de la recherche norvégien, cette communication répond aux questions de recherche suivantes : Quelles sont les caractéristiques des stratégies de communication des gouvernements et des autorités sanitaires dans 5 pays européens (Norvège, Suède, Allemagne, Royaume-Uni et Suisse), à la fois dans une perspective comparative et en relation avec les stratégies officielles proposées par l’Organisation mondiale de la santé ?

Deux étudiant.e.s de l’atelier de recherche ont participé à la collecte de données en vue d'une comparaison des mesures sanitaires prises par 5 pays européens (Suisse, Norvège, Grande-Bretagne, Suède, Allemagne).  Prenant appui sur les théories sur la communication de risques associées aux épidémies, cette recherche s'est intéressée à regarder l'adéquation entre les plans de préparation des pays étudiés et les mesures mises en place dans le cadre de la pandémie de COVID-19. La récolte de données s’est faite par analyse de documents (rapports, statistiques, plans de préparation (preparedness plans)), analyse du contenu des comptes officiels des autorités sanitaires sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram) et par entretiens individuels avec des autorités sanitaires, des professionnels de la communication de risque et des membres des Task Forces établies de manière ad hoc qui ont visé à permettre des échanges entre des experts divers et les instances gouvernementales et sanitaires lors de la pandémie. 

Cette analyse internationale fournit une comparaison des différences ainsi que des convergences dans les tendances et approches communicationnelles employées par les autorités dans les 5 pays étudiés. Nous constatons et rendons compte de la différence et de la complexité de ces stratégies, non seulement entre les pays, mais également à l’interne de chacun. Nous voyons que les mesures prises et communiquées par les autorités sanitaires ont été construites autour de contraintes politiques, économiques, sociales et épidémiologiques. Nos résultats s’inscrivent dans une littérature croissante qui atteste du besoin d’approches multifacettes qui considèrent les aspects sociaux et comportementaux de la prévention des maladies transmissibles, surtout pour la communication des risques face aux crises sanitaires qui sont de nature incertaine, changeante et complexe. 

Lors de cette communication, nous reviendrons sur les résultats de cette étude et nous inviterons un.e practicien.ne en communication de crise ou en santé publique pour discuter de ces résultats. 

Keywords:  COVID-19; communication des risques; comparaison internationale; stratégies de communication; autorités sanitaires; plans de préparation; preparedness plans 


Mathilde Bourrier est professeure de sociologie, UNIGE, spécialiste de sociologie des organisations, du travail et des risques. Elle est Work Package Lead 1, Projet de recherche PAN-FIGHT (conseil norvégien de la recherche).

Michael Deml est post-doctorant au département de sociologie, UNIGE. Il est épidémiologiste culturel et s’intéresse à la prévention des maladies transmissibles. Il a notamment travaillé sur l’(in)décision autour de la vaccination en Suisse ainsi que sur les rôles des professionnel.le.s de la santé à ce sujet. 

Alexandrine Dupras est assistante-doctorante au département de sociologie, UNIGE. Sa thèse porte sur les technologies administratives du financement de deux ONG locales d’aide au développement en Jordanie.

Emma Comrie est post-doctorante dans le cadre du projet PAN-FIGHT, Université de Stavanger (Norvège).

La continuité des soins primaires pour les patients à risque pendant l’épidémie COVID-19 en Suisse

Michael Deml⁽¹⁾⁽²⁾; Katharina Tabea Jungo³; 

Avec Margaux Dubois et Fantine Gicquel4 et une invitée : professeure de la médecine de famille (non encore déterminée)

¹Département de sociologie, Université de Genève; ²Institut de recherches sociologiques, Université de Genève; ³Institute of Primary Health Care (BIHAM), University of Bern, Bern, Switzerland; 4 Etudiantes au master de sociologie, Université de Genève

La maladie COVID-19 menace particulièrement des groupes de la population qui, en circonstances normales, ont besoin d’une certaine continuité de soins avec un.e médecin généraliste. Ainsi, nous nous sommes demandé à quel point la pandémie et les mesures encourues ont bouleversé le système de santé et ont incité les patient.e.s ainsi que les médecins à s’organiser différemment. Cette communication répond aux questions de recherche suivantes : dans quelle mesure les fournisseurs de soins primaires étaient-ils capables de fournir des soins aux patient.e.s considéré.e.s comme à risque pendant l’épidémie du COVID-19 en Suisse ? Quelles ont été les expériences de ces patient.e.s en ayant recours à ces professionnels de la santé pendant l’épidémie ?

Nous avons donc collecté et analysé le retour d'expériences de certains groupes considérés comme à risque de présenter des conséquences de santé graves en cas de COVID-19 (p.ex. individus âgés de 65 ans ou plus, atteints de cancer, souffrant de maladies cardiovasculaires, de maladies chroniques respiratoires, telles que l'asthme, immuno-supprimé.e.s, ou présentant du diabète ou de l'hypertension artérielle) et qui ont eu recours aux soins primaires pendant la crise COVID-19. Nous nous sommes également intéressé.e.s aux expériences des médecins qui ont fourni des soins primaires à des patient.e.s considéré.e.s à risque pendant la crise. La récolte de données s’est faite par entretiens individuels. 

Nos résultats attestent d’une certaine décentralisation chez les médecins généralistes. C’est-à-dire que la plupart des médecins interviewé.e.s se sont renseigné.e.s sur la prise en charge des patient.e.s considéré.e.s à risque de manière indépendante et ont témoigné d’un manque de communication officielle à ce sujet. Certain.e.s se sont renseigné.e.s également auprès d’autres collègues généralistes. De nombreux.se médecins se sont mobilisé.e.s en trouvant des alternatives aux visites médicales dans le cabinet (p.ex. téléconsultations, visites à domicile, changement des dates de rendez-vous selon les mesures sanitaires et la situation épidémiologique) pour les patient.e.s à risque. La plupart des médecins ont décrit une baisse relativement faible de la prise en charge des patient.e.s à risque, et ce, seulement pendant le premier semi-confinement au printemps 2020. Cette baisse s’explique, selon les patient.e.s et les médecins interviewé.e.s, par des directives sanitaires indiquant qu’il fallait éviter les soins « non essentiels » et par la peur des patient.e.s de contracter le coronavirus en se rendant au cabinet médical. Il est intéressant de signaler que cette peur de contracter le virus s’exprime moins chez les patient.e.s lorsqu’ils/elles ont parlé du cabinet de leurs médecins généralistes que lorsqu’ils/elles ont parlé d’éventuelles visites chez des spécialistes ou d’éventuels rendez-vous à l'hôpital. Les notions de confiance et de proximité entre les médecins et les patient.e.s étaient centrales dans les discours qui décrivaient une « bonne continuité » des soins pour les patient.e.s à risque. 

Keywords:  Sociologie médicale; soins primaires; relations patient-médecin; COVID-19; continuité des soins 

Michael Deml est épidémiologiste culturel et s’intéresse à la prévention des maladies transmissibles. Il a notamment travaillé sur l’(in)décision autour de la vaccination en Suisse ainsi que sur les rôles des professionnel.le.s de la santé à ce sujet. 

Katharina Tabea Jungo est épidémiologiste et elle étudie l’optimisation de l’utilisation des médicaments chez les personnes âgées, surtout en ce qui concerne la polypharmacie chez les personnes âgées atteintes de multimorbidité. Elle s’intéresse notamment aux pratiques de (dé)prescription, aux relations médecins-patients et à l’impact des outils de décision et de communication utilisés lors des consultations en soins primaires.

Organisations « dégradées » en temps de Covid : Comment assurer l’essentiel ?

Mathilde Bourrier, professeure, Département de sociologie, Université de Genève; Leah Kimber, post-doctorante, Département de sociologie, Université de Genève ;
Avec Annabella Zamora, Jimmy Clerc, Katherine De Rivero, Océane Corthay et Lucas Duquesnoy (étudiant.e.s en master de sociologie)
Et invités de la société civile (non encore déterminés)

Toute organisation, quelle que soit sa nature, n’a pas échappé aux conséquences de la pandémie, COVID19. Il a fallu « ré-organiser » le travail, non seulement, à l’aune des directives énoncées par le Conseil Fédéral, le Canton de Genève, pour respecter la fermeture des commerces et services en personne, les quarantaines, le confinement, mais aussi pour face aux absences, aux morts et à l’angoisse parfois grandissante qu’a entraîné ce chamboulement dans la vie quotidienne de chaque individu. 

Dès le mois de septembre 2020, nous sommes allé.e.s à la rencontre de personnes, travaillant dans les organisations, tant dans les institutions régaliennes (écoles, crèches, EMS, hôpitaux) que dans des entreprises indépendantes (restaurants, musées) ou publiques (université, services de l’Etat chargés de l’urgence sociale). Nous nous sommes entretenu.e.s avec des personnes d’horizons divers, pour comprendre la manière dont celles-ci ont travaillé pour maintenir autant que possible « l’essentiel » en leur posant clairement la question de savoir ce qu’ a représenté l’essentiel dans leur travail quotidien ?

Avec cette communication, nous visons à présenter une partie du kaléidoscope des organisations, étudiées par entretiens individuels et collectifs et par observations, constitué au courant de l’année académique 2020-2021 pour relater les expériences complexes, parfois singulières, mais la plupart du temps, génériques/transversales qu’ont vécu hommes et femmes dans leur travail. On évoquera inlassablement le besoin de maintenir le lien avec ses collègues, ses clients, ses patients, les défis qu’ont dû relever certain.e.s face au télétravail pour conjuguer famille et travail dans un seul et même espace. On rendra compte aussi des trésors d’ingéniosité et de créativité mis au jour par les individus rencontrés durant cette année d’enquête. Nous reviendrons également sur les conditions dans lesquelles cette enquête à multiples entrées a pu être réalisée. 

Lors de cette communication, nous entrerons en dialogue avec plusieurs interlocteurs/trices des organisations étudiées qui ont rendu cette enquête possible.

Keywords:  Organisations, Canton de Genève, Modes dégradés et alternatifs, télétravail 

Mathilde Bourrier est sociologue des organisations. Elle s’intéresse tout particulièrement aux environnements à risque, en opérations normales ou en temps de crise. La pandémie qui frappe des pans entiers de la vie des organisations en 2020 lui permet de repenser non seulement ses recherches récentes autour de la gestion des réponses aux épidémies au niveau international (Bourrier, Brender et Burton-Jeangros 2019), mais aussi d’explorer au niveau local, à Genève, l’impact sur les organisations et le travail d’un tel événement. 

Leah Kimber est post-doctorante à l’université de Genève. Ses recherches, ancrées en sociologie des organisations, se concentrent, pour la plus grande partie, sur les organisations internationales, notamment par le biais de la société civile. Sa thèse (2020) explore le concept d’inclusion de cette dernière dans les processus de négociations intergouvernementales et par conséquent des mécanismes d’exclusion.